lundi 4 février 2008

Maman, j'ai pas raté le train!

Il s’appelle Enzo et c’est un dur à cuire. Il est pas content parce qu’il ne peut pas sortir. Vas-y que j’te claque la tablette qui sert normalement à poser un magazine ou un ordinateur portable. Et vas-y que j’te boxe les sièges du TER façon Rocky Balboa, en plus méchant.

« Bon tu te calmes! J’te préviens. Tu vas te recevoir une fessée arrivé chez papy et mamy, tu vas t’en rappeler toute ta vie!»

Enzo, il s’en contre-fiche. Du haut de ses trois ans à tout casser, il regarde sa mère, un sourire en coin du genre : « ouais bah essaie pour voir!» Il glisse de son siège se faufile sous les jambes de sa maman. Il s’élance dans l’allée centrale du train à la vitesse d’un anaconda qui aurait vu le popotin de Jennifer Lopez.

« Reviens ici Enzo!»

La pauvre femme à un énorme cheveu sur la langue. Lorsqu’elle prononce le nom de son fils, on comprend pourquoi il se fiche de sa poire.

Moi, je suis tranquillement en train d’allumer mon ordinateur en ne pensant qu’à une chose : regarder l’épisode 9 de la saison 2 de Dexter. Le générique débute, Enzo pourrait se transformer en Alien que je ne m’en rendrais même pas compte. Pourtant, plongée dans l’intrigue hallucinante du tueur en série (de Dexter, pas d’Enzo) je remarque tout de même la petite main pâlichonne qui s’enfonce dans la housse de mon ordinateur portable. Avec ses dents de lait, Enzo me nargue, il saisit mon magazine des Inrocks et se barre. Ulcérée, je me dis qu’on est en train de me voler impunément. Je fonce à quatre pattes à sa poursuite.

« Oh, eh, bonhomme! Redonne-moi mon magazine.»

Enzo ca doit le mettre en rogne que je l’appelle bonhomme parce qu’il arrache en partie la tête de Sandrine Bonnaire en page 15 du magazine. La maman d’Enzo entend l’altercation.

« Mais qu’est ce que tu fais Enzzzzo? Redonne le magazine à la dame!»

D’un seul coup, je ne sais pas qui m’énerve le plus. Enzo et sa bouille de Razmoket? Ou la zozoteuse qui me traite de ‘‘dame’’? Le gosse se décide enfin à lâcher mon magazine. Sa mère le menace encore : « Si tu continues on ira plus chez papy et mamy». J’ai pas trop l’impression que la mise en garde fonctionne sur Enzo. Il préfère dealer deux biscuits au chocolat avant de s’asseoir.

Le pire, c’est qu’à mon retour de Bordeaux, j’ai eu le droit au même spécimen. Ryan, cette fois-ci. Un teigneux qui a décidé de regarder avec moi l’épisode 11 de Dexter. J’ai encore les traces de ses petits doigts graisseux sur l’écran de mon ordinateur.

Mais, celles que je préfère dans ces histoires ce sont les mères. Généralement elles lâchent l’affaire, pas mécontentes que leur mouflet s’en prenne à quelqu’un d’autre pour une fois. Et c’est là qu’on se dit que la SNCF devrait embaucher des Super Nanny en série plutôt que leurs marioles de contrôleurs à casquette.

samedi 26 janvier 2008

L'université pour tous!

«Honnêtement, il n’y a pas d’âge pour aller à la fac.»

Mollement installée sur mon siège-moquette-verte du tram, mes oreilles se dressent. Oh, je vous rassure, en ce moment, mes oreilles elles restent bien planquées sous mes cheveux. Feignasserie, hiver lambin, voiture, mettez-ça sur le compte de ce que vous voulez, mais c’est vrai que j’ai perdu le rythme! Sauf lorsqu’on interpelle la petite masse qui se situe au creux de mon bide. Non, je ne suis pas enceinte, je suis seulement stressée. «Il n’y a pas d’âge pour aller à la fac» dit la jeune femme de quarante ans à son collègue. Peut-être, mais y a-t-il un âge pour ne plus y aller?

Voilà, je le fais. J’utilise mon blog pour parler de moi, parce que oui, je suis certainement un peu égocentrique, mais surtout un peu névrosée en ce moment. La fac, c’est simple, j’en peux plus. Coller mes fesses à une chaise métallique, écouter des profs me raconter que la transformation organologique, eh ben faut s’y attendre, ça me gonfle. Voilà, c’est dit, tout le monde s’en fout, mais c’est thérapeutique.

Trêve d’égocentrisme, je suis impressionnée de voir cette femme avec son cartable en cuir et sa mine réjouie à l’idée de reprendre les cours.

«Tu vois, moi, je ne voulais pas rester gérante toute ma vie. J’ai plus d’ambition que ça. Les cours ça m’apporte vachement. Moi, je leur ai dit que je voulais ouvrir ma maison de retraite et pour ça je suis obligée de faire du management, même si je connais bien le milieu. Tiens, hier, j’avais un cours qui s’intitule : 10 minutes pour convaincre

Là elle s’esclaffe, mais elle semble trouver ca passionnant « d’axer son discours sur la valorisation de la personne âgée.» 10 minutes pour convaincre, c’est quand même dingue comme intitulé de cours. Maintenant, le temps légal pour vendre c’est 10 minutes, pas plus. Vive la culture du zapping, vive le micro-ondes.

Et puis ce qui est flippant aussi, c’est que maintenant, on ne reçoit plus la formation de ses pairs lorsqu’on accumule les années de travail. Maintenant, il faut le papier officiel comme quoi : toi t’es un winner, tu sais ce que c’est que la gestion-logisitique-production, t’es pas un con. Non d’un chien, tu vas les recoller tes fesses à la fac si tu as de l’ambition.

Toujours est-il que j’espère ne pas être un jour dans cette situation. Enfin bon, moi, j’ai pas «l’ambition». Si seulement je pouvais être une petite journaliste peinard ça m’arrangerait bien. Si seulement je pouvais trouver du boulot et dire « Y a un âge où on va plus à la fac» ce serait le pied. Si seulement un jour je pouvais ne pas regretter ce que je viens de dire.

lundi 3 décembre 2007

Jeune fille perdue


Coincées dans un siège ‘’quatuor’’ avec une mamie qui lit ‘’coup de cœur’’ de Danielle Steel, mon ordinateur installé sur mes genoux, je me décide enfin à reprendre mon blog en main.

Depuis quelques temps, je partage mes week-ends entre Nantes et bordeaux. Bon, c’est vrai, la plupart du temps c’est Bordeaux qui vient à Nantes. Mais en ce début hivernal, j’avais envie de me réchauffer l’âme et l’esprit dans un coin de pays ou l’on trouve le mot sud dans le titre du journal régional. Bref, après la virée dans les boutiques pour les cadeaux et la visite du traditionnel marché-de-noël-vin-chaud-barbe-à-papa-sandwich-tartiflette, l’heure est venue (un peu vite) de repartir, ma petite valise sous le bras.

Et c’est là que la panique arrive.

Veille du départ

- Bon t’es sur c’est bien le bus 40 qu’il faut que je prenne?
Réponse bordelaise (et un peu nantaise, parce que sinon, je vais me faire engueuler)
- Oui, ne t’inquiète pas. Et tu t’arrêtes à l’arrêt victoire. Après tu prends le 16 ou le 34 et tu descends à Bordeaux St-Jean.
- Mais y a douze-milles arrêts Victoire! (oui, j’ai du être marseillaise dans une autre vie). Y a Victoire, Victoire-somme, Victoire-pasteur. souffle et resouffle et reresouffle. Je vais bien me retrouver à Bayonne avec tous ces changements.
- Mais ne stresse pas comme ça. C’est simple tu verras.

Jour J : 8:40 (parce que j’ai décidé de partir avec deux bonnes heures d’avance, au cas où!) j’attends, ma valoche à bâbord et mon ordinateur à tribord, l’arrivée du bus. «Merde, si ça se trouve je l’ai raté.» Et pourtant deux minutes plus tard, il arrive bel et bien à l’heure avec un chauffeur tout en sourire de voir une jeune fille toute en bagages.

- Un ticket s’il vous plait.
- 1E30 ma jolie petite demoiselle.

Bon déjà y a un truc qui me choque. Ici les chauffeurs de bus ils appellent les filles ‘’ma jolie petite demoiselle’’. C’est une coutume locale? Deuxième chose : Ils ont suivi un cours ‘’la formule 1 pour tous’’ dans leur formation, ou bien?
Un coup à droite, un coup à gauche, une fois en avant, puis en arrière, j’ai l’impression de danser sur une chanson de Patrick Sébastien, tellement le conducteur freine et refreine. Et étrangement quand je ne suis pas dans MON bus à MOI, j’ai une légère tendance à être gourdasse. Je ne me tiens pas. Je fonce sur un teenager à frange qui me regarde d’un air dédaigneux. Ce dernier d’ailleurs me fuit, pensant très certainement que je suis atteinte du syndrome Gilles de la Tourette (insultes en moins) tellement je me tourne et retourne vers le plan affiché au milieu du bus. Dans ma tête c’est le décompte :
«Dans cinq arrêts», «plus que 3.» «ah attention après Saint-Nicolas, je descends.» «Ok, maintenant j’appuie.» et c’est là que je suis contrainte et forcée de me rendre compte que je suis pire que les mémés qui se précipitent 6 arrêts avant pour être bien sûre de descendre.

Le fin mot de cette histoire c’est que j’ai enfin compris que pour moi c’est pas possible de partir sac-à-dos-bandana-boots-pic-à-glace à l’aventure, je suis bien trop stressée de la vie.

Mais une chose est sure, c’est que lorsque tu arrives avec une heure d’avance à la gare, tu as de grandes chances que le train aie autant de retard. «mesdames et messieurs nous avons le regret de vous annoncer que le train corail 3895 à destination de Nantes, aura un retard que nous ne pouvons pas estimer pour le moment. Merci.»

C’est ça merci, la prochaine fois je dormirai une heure de plus.

mercredi 16 mai 2007

Ludi ne meurt jamais

Non je ne suis pas séquestrée dans une grotte occulte. Je ne suis pas non plus piégée dans un glacier en pleine montagne avec un ours enragé qui me toise depuis 10 jours. Je n’ai pas été enlevée par des hommes de l’espace aux tentacules verdâtres et au langage similaire à celui d’un Louis de Funès flatulent. En fait, j’ai lâchement abandonné mon blog le temps de mon stage. Parce que oui, je n’ai cessé de travailler d’arrache–pied en tant que journaliste quelque peu névrosée. En ce moment, je suis en pleine écriture de mon rapport de stage. C’est long, parfois pénible, je n’en dors pas la nuit, je suis hantée. J’exagère à peine, mais c’est juste que j’ai la flemme d’écrire autre chose que ce que l’on me demande. Mais promis, d’ici la semaine prochaine, je reviens avec de nouvelles aventures tramèsques.

mardi 20 mars 2007

Donne moi ton surnom, j’te dirais qui tu es

Je m’absente pendant 15 jours de mon blog et voilà que c’est le flot ininterrompu de commentaires. Les gens protestent, s’enflamment, éructent, je sens que je dois reprendre mon rôle de taupe chercheuse en main, il est vrai que je l’ai délaissé lorsque le soleil a pointé le bout de son nez. Eh oui, faut bien que je sorte de mon terrier, mince alors !

Je ne sais pas si c’est l’arrivée du printemps ou la sortie du film ensemble c’est tout d’après le livre de Gavalda, mais les filles dans le tram ont de ces conversations mièvres ! Pourtant, je dois l’avouer, elles sont tellement intéressantes à écouter. « Alors, il t’a rappelé ?» «Moi je serais toi, je le ferais mariner.» « Ouais, mais tu vois, il me parle vachement de son ex, c’est bon signe ?» Bref, en l’espace d’une semaine, je connais la vie sentimentale d’une bonne soixantaine de filles, et laissez-moi vous dire que c’est pas toujours joyeux-joyeux. « C’est rien qu’un batard ! Tu peux le croire toi qu’il a mis cette pouffiasse de Bérénice enceinte ?»

Au fil de ces conversations, j’ai remarqué que les filles se servaient énormément des tars physiques ou psychologiques pour décrire leurs prétendants ou leurs concurrentes, en les affublant de surnoms pour le moins originaux. Dans la série troublés, j’ai entendu : Le schizophrène «Mais si, il fait des trucs chelous, il a une double personnalité le mec.» le mou du bulbe (que j’aime beaucoup). Sinon, y a aussi la description sociale. Le riche «il est pété de tunes tu devrais voir sa baraque avec une piscine intérieure et tout, mais bon moi j’men fous du fric.» C’est d’ailleurs certainement pour cette raison qu’elle le surnomme ainsi. J’ai aussi entendu ‘’le médecin’’ « Ouais enfin étudiant en médecine, quoi.» Et dans la série physique, impossible de détrôner : le beau (un classique), la blondasse (toujours pratique), l’asperge ou le hobbit (si, si je vous assure !)

En entendant ces filles, car généralement ce sont rarement les mecs qui emploient les surnoms à tire larigot(A part Sawyer dans Lost) pour décrire leur béguins (ça s’arrête souvent à de l’explosif : la bombe ou le canon) bref, je disais donc, en entendant ces filles, je me demande bien si moi aussi j’ai eu le droit à un surnom de leur part et si oui lequel ! Mouskouri ? la québécoise (non ça c’est Cormerais) ? La grande gueule ? La fatigante ? Alors, ce serait quoi mon surnom à moi, dites ? Je sens que j’ouvre une porte immense à la connerie !
À mes risques et périls